Diagnostic

Pourquoi un séminaire de lancement du projet GIML ?

Deux journées pour se concerter à travers une visite de terrain et des ateliers thématiques : les 25 et 26 septembre 2014

Co-construire un diagnostic… partager les enjeux… commencer à imaginer ensemble un plan d’actions opérationnel…

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Objectif 1

Co-construire un diagnostic, en s’appuyant sur les expériences de chacun pour partager et préciser les enjeux. Il s’agit de discuter avec l’ensemble des acteurs des problématiques identifiées dans les phases amont en les enrichissant :

  • de leur connaissance du territoire ;
  • de leurs expériences (d’ici et d’ailleurs, professionnelles et personnelles) ;
  • de leur regard sur le territoire.

Objectif 2

Mener une concertation sur « l’outil » GIML, c’est-à-dire imaginer ensemble et aussi ouvertement que possible ce que pourrait faire la GIML. Il s’agit pour les participants :

  • de construire un panorama des outils et actions en cours sur la zone ;
  • d’identifier ensuite des objectifs complémentaires en intégrant le concept de continuité terre-mer ;
  • d’apporter une expertise et un regard distancié sur les actions en cours, afin d’évaluer leur apports et leurs limites ;
  • d’apporter leurs idées et leurs envies de changement.

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 Retour sur les 2 journées de lancement du projet

Plus de soixante personnes se sont déplacées pour ces deux journées de lancement du projet de GIML. Les échanges ont été riches et constructifs. Ils permettront à l’équipe en charge du projet de prendre en considération l’expression d’une diversité des points de vue. Plusieurs élus ont également fait le déplacement et nous sommes heureux de les compter parmi les nouveaux représentants du projet. L’ensemble des participants semble ressortir d’autant plus concernés par la nécessité de mieux gérer les liens entre espaces terrestres et marins.

Journée de visite de terrain – le 25 septembre 2014

Lors de la première journée, plusieurs sites ont été visités afin d’aborder les différentes problématiques auxquelles le territoire retenu pour l’expérimentation de la GIML est confronté.

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Si ces problématiques sont nombreuses et variées (érosion côtière, protection de la ressource en eau potable, conflits d’usage, imperméabilisation des sols…), différents projets ont été présentés pour tenter d’y apporter des éléments d’analyse et d’expertise. Nous avons pu aussi identifier d’autres pistes de réponses complémentaires, à explorer au cours du projet.

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Ainsi, la Ville de Saint-Paul réfléchit au réaménagement de l’arrière-plage de l’Ermitage afin de limiter l’érosion côtière tandis que Tamarun réaménage les « sentiers lontan » pour tenter de diminuer les pressions anthropiques sur la ressource en eau potable de la ravine Saint-Gilles et de valoriser ce patrimoine historique de La Réunion. Le Parc National de la Réunion réalise des actions concrètes de préservation de la nature et du patrimoine de notre île en impliquant les habitants dans la plantation d’espèces indigènes à travers le projet Péi Run.

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Séminaire du 26 septembre 2014

Trois thématiques ont été retenues lors de cette journée de travail en salle pour aboutir à la co-construction d’enjeux partagés pour le territoire de la GIML : la gestion de l’eau, la valorisation durable des écosystèmes et le cadre de vie.

giml_mapRéalisation : D. David, UMR ESPACE-DEV, Université de La Réunion, 2014

Les participants ont souligné l’importance d’établir des rapprochements entre les différents acteurs du territoire, et en particulier entre ceux des Bas et ceux des Hauts. L’absence d’acteurs clés des Hauts de l’île ou de représentants du « grand large » a, à ce titre, été souligné. Ce constat introduit probablement un biais dans les éléments de diagnostic proposés pour le territoire de la GIML que nous chercherons à pallier dans la suite du projet.

Les participants ont par ailleurs proposé de redéfinir les limites du territoire d’’expérimentation GIML (par essence poreuses quand il s’agit de gestion intégrée) en y intégrant une zone de pêche supplémentaire. Enfin, ils ont rappelé l’importance de la prise en compte du patrimoine historique et culturel riche sur ce territoire qu’il ne faudra pas négliger dans la poursuite de l’analyse.

Atelier 1 : « Gestion de l’eau » – Fé in konte èk do lo

Au regard de la problématique, le panel de participants est relativement diversifié. Il comprend des usagers, des techniciens et des gestionnaires en domaine marin ou terrestre, et concerne les usages domestiques, agricoles, patrimoniaux et les loisirs.

Le cycle de l’eau apparaît comme le facteur essentiel des interactions entre les milieux terrestre et marin. Les éléments principaux de cette dynamique et les facteurs perturbateurs sont évoqués de manière récurrente dans les différents groupes :

  1. Le ruissellement est systématiquement cité en lien avec son impact sur la RNMR via le transport de particules (sols et déchets).
  2. La pollution des eaux continentales est évoquée à travers la question de l’évolution de la qualité des eaux souterraines ou superficielles. L’impact potentiel est bien perçu tant sur la conservation de la ressource en eau potable que sur la préservation des écosystèmes fluviatiles ou marins.
  3. L’évolution quantitative des flux concerne aussi l’ensemble des sous-groupes avec ceux qui analysent ce facteur sous l’angle de l’augmentation des flux (apport de l’irrigation), ou au contraire de la diminution (augmentation des prélèvements, changement climatique, conflits d’usage).
  4. L’évolution du niveau marin et son impact sur les eaux terrestres.

Autour de ces quatre facteurs, les inquiétudes exprimées construisent les bases du diagnostic effectué dans cet atelier.

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Atelier 2 : « Valorisation durable des écosystèmes » – Fé in konte èk nout natir pou nout l’avnir

Le panel de participants était relativement déséquilibré avec une forte représentation d’acteurs du littoral et des activités associées. Au final, les secteurs économiques représentés sont principalement le tourisme et la pêche.

Le constat général est celui d’une interdépendance entre écosystèmes et activités économiques ainsi que d’une forte pression sur les ressources du territoire liée à son attractivité. C’est un territoire densément peuplé, dont les espaces récréatifs sont très fréquentés par les Réunionnais et qui est devenu un haut lieu du tourisme. Cette pression est particulièrement marquée sur le littoral où on observe une forte augmentation de la diversité des usages. En conséquence, les interactions entre activités se tendent avec une augmentation des conflits et des concurrences d’usages. Cette pression se traduit par une dégradation générale de l’environnement et une augmentation des risques littoraux.

Seuls quelques points font débat parmi les participants, notamment sur la régulation des usages par la réglementation et en conséquence, sur l’acceptabilité sociale de ces normes. C’est surtout l’équilibre à trouver entre l’exploitation de cette attractivité, source de développement économique, et la nécessaire régulation des usages, pour préserver ce capital qui a été discuté. La zone des savanes fait également l’objet de discussions entre son aménagement inéluctable et la préservation de son caractère patrimonial associé à sa fonction d’espace de respiration.

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Atelier 3 : « Un cadre de vie qui réponde aux besoins des habitants et aux spécificités du territoire » – Fé in konte èk nout kiltir, nout patrimoine, nout manièr’ viv

Dans cet atelier, les participants ont des responsabilités professionnelles orientées sur la terre. Exception faite de la dimension « patrimoine culturel » qui concerne aussi le patrimoine sous-marin, les autres préoccupations professionnelles concernent l’intégralité de l’espace terrestre des Hauts aux Bas, mais ne concernent pas le milieu marin. In fine, le groupe a souligné le constat d’une insuffisance de prise en compte du continuum mer-terre.

Des dynamiques régionales structurantes ont été rappelées comme la baisse du dynamisme économique, l’esprit de convivialité lié au savoir-vivre créole ou la croissance démographique. Ces dernières posent un décor dans lequel se révèlent des dynamiques plus spécifiques au territoire du fait de sa géographie sociale et physique.

La pression sur l’espace liée à la demande en logement et à l’attractivité de la zone littorale a été largement soulignée. La zone littorale est concernée mais pas uniquement : les pressions s’exercent aussi dans les ravines ou sur l’espace agricole avec une impression de gaspillage d’espaces (agricoles et naturels). L’atelier a aussi soulevé les déséquilibres spatiaux qui s’expriment, avec notamment des iniquités entre les Hauts et les Bas.

Ce territoire vit actuellement des évolutions importantes de ses paysages (développement de l’agriculture avec l’ILO, urbanisation qui progresse…) et sur sa bordure littorale (processus d’érosion des plages). Ces dynamiques soulèvent des questions de durabilité, notamment en ce qui concerne le développement urbain et agricole. Elles soulèvent aussi la problématique de la gestion des risques naturels. D’autres sujets de préoccupations ont été énoncés concernant la pollution des sols, les ressources et le traitement de l’eau, le manque de considération du patrimoine culturel et les effets de la crise requins sur l’image touristique de La Réunion, sur l’économie locale et sur l’émergence de conflits.

Un dernier thème abordé regroupe tout ce qui concerne les liens entre les citoyens, entre eux et avec les institutions publiques. Le constat est, d’une part, la chance d’avoir à La Réunion une culture de la tolérance qui favorise une mixité sociale, et d’autre part, une superposition de normes qui vient contraindre le savoir-vivre et les valeurs réunionnaises.

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