Prospective

« La prospective est une attitude qui vise à se préparer à demain en imaginant la diversité des avenirs possibles. Elle est à la fois holistique et rationnelle.

La prospective n’est pas prévision : elle ne nous prédit pas l’avenir, elle est construction. Elle invite à explorer et bâtir des futurs possibles (et pas seulement les plus probables). »

Le premier séminaire de prospective: les 13 et 14 novembre 2014

La démarche de prospective retenue dans ce projet est une démarche qualitative, avec une co-construction de récits littéraires (scénarios). Ces scénarios seront illustrés dans les mois qui viennent par des simulations cartographiques des interactions les plus importantes pour la GIML à l’aide de modèles spatiaux.

Dans ce premier séminaire, les participants ont esquissé trois visions contrastées du territoire à 2050, et ont retracé un récit de 2014 à 2050 pour atteindre cette vision, de manière plausible et en sortant des évolutions tendancielles.

Ce séminaire vient nourrir le processus de concertation de la GIML. Sur la base des enjeux identifiés lors du séminaire de concertation du 25 et 26 septembre dernier, nous avons cherché à montrer que différentes réponses étaient possibles pour répondre à ces enjeux. Des évolutions diversifiées et contrastées ont été explorées avec des résultats plus ou moins souhaitables sur le territoire.

La découverte de la « prospective », comme proposée ici, a rencontré quelques questionnements sur le pragmatisme des productions, la mobilisation d’un public plus large, et les obstacles à venir pour alimenter des visions plus souhaitables de l’avenir. Ces questionnements vont aider à identifier les prochaines étapes du projet GIML sans perdre de vue la dimension systémique du territoire et la nécessaire anticipation des défis de demain.

Qu’est-ce que la prospective ?

Définitions

Prospective: d’après Laurent Mermet :

« L’élaboration, fondée sur des méthodes réfléchies, de conjectures sur l’évolution et les états futurs de systèmes dont l’avenir est perçu comme un enjeu et leur mise en discussion structurée ».

 

Mots clés

  • Base systémique : représentation simplifiée du système considéré resituant les principales variables ayant des relations de cause à effet sur l’objet étudié.
  • Question organisatrice : définition de la problématique traitée dans la cadre de la prospective.
  • Tendances lourdes : évolutions jugées probables et presque certaines sur la durée étudiée ayant des répercussions importantes sur l’objet traité.
  • Incertitudes critiques : évolution occasionnant des changements majeurs vis-à-vis de l’objet étudié mais incertains sur lesquels plusieurs hypothèses d’évolution ont été énoncées pour construire les scénarios.
  • Scénario exploratoire : récit d’avenir qui part d’hypothèses de tendance au présent et va explorer l’avenir en suivant celles-ci.
  • Scénario normatif : récit d’avenir qui part d’une image souhaitée du futur et retrace un cheminement plausible de ce futur désiré au présent.
  • Conjecture : hypothèse sur l’avenir, plausible mais dont la prévisibilité n’est pas vérifiée.

Quel est le positionnement de la prospective vis-à-vis de la décision ?

 

prospective

Source : Charlotte Michel

Quel est l’exercice qui a été réalisé ?

Des scénarios d’avenir pour le territoire de la GIML « Du Maïdo au large de l’Ermitage » ont été construits lors de ce séminaire de prospective. Il s’agit de scénarios exploratoires et contrastés, selon une démarche de récit. Les scénarios s’élaborent en croisant différentes hypothèses d’évolution possibles. Ces hypothèses sont des combinaisons d’états possibles des incertitudes critiques (Cf. lexique ci-dessus) qui ont été identifiées avec le groupe de participants.

Faire appel à la prospective vise ici à explorer une diversité d’avenirs possibles au-delà du « plus probable » ou de la tendance actuelle. Cette méthode nous permettra alors de construire et de mettre en débat différentes trajectoires du futur et d’apprécier leurs conséquences sur le territoire.

Cet exercice permettra de vérifier et d’illustrer l’importance des enjeux repérés dans les phases préliminaires du projet et d’identifier des marges de manœuvre pour y répondre.

Retour sur les 2 journées de prospective

Les productions obtenues

La méthode de travail proposée vise à co-construire un maximum d’éléments de la prospective au sein du groupe. Cela s’est déroulé, dans un premier temps, par un rappel des enjeux issus des ateliers de septembre. Ensuite, le groupe a réagi sur une représentation systémique du territoire avec l’ensemble des variables structurantes pour la GIML. Nous avons convenu d’un horizon temporel (2050) et de questions que les scénarios devront éclairer.

A suivi une discussion très ouverte en « pluie d’idées » sur tout ce qui pourrait changer sur le territoire et avoir des conséquences importantes sur les enjeux de la GIML à l’horizon 2050. Ces changements ont ensuite été triés et organisés pour proposer un jeu d’hypothèses exploratoires de futurs possibles.

Enfin, le groupe a choisi des scénarios en croisant ces hypothèses pour construire des images du territoire à 2050 : des images contrastées les unes des autres et contrastées vis-à-vis d’aujourd’hui. Puis, nous avons imaginé un récit d’avenir cohérent pour atteindre ces états hypothétiques en une quarantaine d’années.

Chacune de ces étapes a fait l’objet de productions et de discussions qui permettent de construire les briques de nos scénarios, esquisses de futurs possibles. Nous pouvons trouver des germes de ces changements à venir aujourd’hui.

Des questions à éclairer à l’horizon 2050

  • Quels pourraient être nos paysages et nos écosystèmes ?
  • Quel pourrait être l’état de la ressource en eau ?
  • Quels usages pourrions-nous faire de cet espace ?
  • De quoi pourrions-nous vivre ?
  • Quel pourrait être notre cadre de vie ?

Une représentation systémique ou géographique…

L’équipe d’animation a proposé une représentation des interactions entre les grandes variables pour retraduire graphiquement les enjeux discutés lors du précédent séminaire. Cette représentation a été discutée et complétée en séance. Elle figure ci-dessous :

prospective2

 

Une exploration des changements à venir

Le groupe a exploré un ensemble de changements très ouverts, pour imaginer ce qui peut advenir demain et qui pourrait induire des conséquences notables sur ce territoire mer-terre. Ils ont été regroupés en 15 thèmes (Cf. tableaux ci-dessous).

 

Évolutions du contexte géopolitique international Place de La Réunion dans le monde
Organisation de la puissance publique
Devenir des écosystèmes marins et terrestres
Évènements catastrophiques Évolution de la démographie
Changements climatiques globaux Polarité des espaces de vie et mobilité
Capacité de La Réunion à se prendre en main / Intensité du lien social dans la société réunionnaise Nouvelles technologies et innovation, nouveaux modes d’échanges et de communication
(R)évolutions  des modèles économiques et de l’organisation des filières (agricoles, touristiques, piscicoles…) Devenir de « l’esprit créole » et du patrimoine culturel réunionnais
Aménagement de l’espace Devenir de l’eau et de sa gestion
Sources d’énergie et coût  

Ces 15 thèmes ont été triés et classés selon leur caractère endogène ou exogène au territoire, leur niveau d’incertitude et leur importance vis-à-vis des enjeux GIML. Il en ressort deux familles de changements :

  • Les tendances lourdes : évolutions jugées probables et presque certaines sur la durée étudiée ayant des répercussions importantes sur l’objet traité.
  • Les incertitudes critiques : évolutions occasionnant des changements majeurs vis-à-vis de l’objet étudié mais incertains, sur lesquels plusieurs hypothèses d’évolution ont été énoncées pour construire les scénarios.

Sept tendances lourdes ont été énoncées et dix incertitudes critiques.

  1. Démographie : vieillissement de la population
  2. Un contexte géopolitique en mutation
  3. Baisse des financements publics
  4. Développement d’innovations et arrivée de nouvelles technologies
  5. Changements climatiques globaux
  6. Événements catastrophiques
  7. Augmentation du coût de l’énergie

Incertitudes critiques

  1. Modèles économiques/ Organisation des filières
  2. Polarité et mobilité
  3. Aménagement de l’espace
  4. Gestion de l’eau et des milieux aquatiques
  5. Relation entre l’individu et le groupe/Modèles de société/ Intensité du lien social dans la société réunionnaise
  6. Devenir de l’esprit créole (et lien avec le patrimoine culturel)
  7. Devenir des écosystèmes marins et terrestres
  8. La place de La Réunion dans le monde/ région Sud océan Indien
  9. Sources d’énergie
  10. Organisation de la puissance publique (lien État/collectivités/ citoyens)

Pour chacune de ces incertitudes, nous avons exploré les états possibles qu’elles pourraient prendre dans les 40 prochaines années. Ces états sont des hypothèses énoncées pour le futur, qui permettent d’explorer des avenirs contrastés. Ils n’ont pas vocation à être exhaustifs…

Choix des scénarios

Le groupe a choisi des combinaisons d’hypothèses pour construire les trois scénarios contrastés (trois images à 2050). Ces combinaisons se sont faites à partir d’hypothèses motrices sur les changements suivants : modèles économiques, relation entre individus et groupes sociaux, devenir des écosystèmes… puis des associations se sont mises en place avec les états des autres incertitudes critiques en écartant notamment des alliances incompatibles ou difficilement conciliables. Ces combinaisons sont purement exploratoires et arbitraires ; nous souhaitions écarter trois profils couramment rencontrés dans des exercices de planification : le noir, le rose et le « raisonnable ».

Le groupe s’est ensuite organisé en trois sous-groupes pour avancer et donner corps aux scénarios sur la base d’une trame commune.

La suite au prochain atelier. 

Merci à tous les participants !

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