Le Projet GIML

Qu’est-ce que la GIML ?

La Gestion Intégrée de la Mer et du Littoral (GIML) est une démarche issue du Grenelle de la mer et du Livre Bleu Sud Océan Indien, déclinaison de la politique maritime volontariste que souhaite promouvoir le gouvernement. Son expérimentation à La Réunion constitue l’une des actions prévue à l’échelon local afin d’asseoir la complémentarité des politiques maritimes et terrestres.

L’objectif de cette démarche est d’améliorer la gestion du continuum terre-mer, à l’échelle d’un territoire d’expérimentation, pour faciliter une cohabitation harmonieuse entre les différents usages et activités sur le territoire, dans une perspective de développement durable et de bien-être des populations.

La GIML aborde l’ensemble des activités humaines dans le contexte du fonctionnement du bassin versant (flux aval-amont) et de la mer (courantologie et migration des espèces par exemple).

La GIML promeut le développement de visions prospectives et de plans d’actions aux échelles géographiques appropriées. Cette démarche de gestion du littoral et de la mer, bien commun, associe tous les acteurs concernés, publics ou privés.

Enfin, les actions de la GIML visent à la cohérence et à la pérennisation d’instruments financiers pour mutualiser les moyens des différents opérateurs au service d’actions et de projets communs.

Qu’est-ce que le projet GIML à La Réunion ?

Structure porteuse, le TCO, avec sa Direction de l’Aménagement, de la Planification et de la Prospective (DAPP), a lancé le projet de GIML fin 2013 et ce pour une durée de 2 ans.

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Réalisation : D. David, UMR ESPACE-DEV, Université de la Réunion, 2014

Le secteur retenu pour l’expérimentation de la GIML à La Réunion s’étend du Cap La Houssaye à la ravine de Trois-Bassins et des remparts du Maïdo au large de l’Ermitage. Il inclut la seule rivière pérenne de l’Ouest, la ravine Saint-Gilles, et permet donc d’appréhender le fonctionnement du bassin versant « du sommet des montagnes au battant des lames », et bien plus au large jusqu’à 12 milles nautiques.

Quelle est la démarche adoptée ?

Le projet GIML à la Réunion est articulé en 3 phases :

  1. la co-construction d’un diagnostic partagé
  2. la construction de scénarios d’évolution possibles pour ce territoire
  3. l’élaboration d’une stratégie et d’un plan d’actions pour la zone d’expérimentation.

Dans quelle continuité s’inscrit la GIML ?

La GIML se met en place sur le secteur Ouest de La Réunion à une étape charnière où le SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale) va entrer en révision afin de prendre en compte plus largement les enjeux environnementaux du territoire dans le cadre des lois « Grenelle ».

Les PLU (Plans Locaux d’Urbanisme) des communes sont également concernés par ces lois et sont, pour la plupart, en révision.

Le SAGE (Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux) Ouest, arrêté le 10 décembre 2012 est quant à lui en cours d’enquête publique.

Le SAR (Schéma d’Aménagement Régional), avec son volet SMVM (Schéma de Mise en Valeur de la Mer), fait actuellement l’objet d’une modification.

Les communes de La Réunion sont également interrogées en ce moment même quant à leur adhésion à la charte du PNR (Parc National de La Réunion) tandis que la réglementation au sein de la RNMR (Réserve Naturelle Marine de La Réunion) fait l’objet de débats.

Après un diagnostic établi avec le projet de GIZC (Gestion Intégrée des Zones Côtières) porté par le Conseil régional entre 2005 et 2007, la GIML a donc vocation à décloisonner les territoires (administratifs, écologiques, économiques …) et les thématiques (tourisme, agriculture, pêche…).

L’ambition affichée est de mettre en évidence la nécessité d’une mise en œuvre plus intégrée des différentes politiques sectorielles existantes pour :

  • une mise en cohérence à l’échelle du territoire et une efficacité accrue de celles-ci ;
  • une meilleure prise en compte des continuités terre-mer.

Sur quel territoire ?

Du Maïdo au large de l’Ermitage : un condensé des enjeux sur la micro-région Ouest.

Le territoire retenu pour l’expérimentation de la GIML n’a pas été choisi au hasard. Il représente un condensé des enjeux présents sur la micro-région Ouest, sur un espace terrestre restreint et ouvert sur le large.

L’intérêt de cette expérimentation, c’est de jeter un regard plus ouvert sur le continuum terre-mer, et les complémentarités entre milieux marins et terrestres.

Le secteur s’étend :

  • du Maïdo au Cap La Houssaye au Nord
  • du Maïdo à la ravine de Trois-Bassins au Sud
  • du Maïdo au large de l’Ermitage, à l’Ouest (jusqu’à 12 milles nautiques)

Pourquoi ?

Encadré par des espaces naturels protégés (RNMR et PNR), le territoire peine à retrouver son dynamisme économique, que ce soit dans les secteurs du tourisme, de la pêche et de l’aquaculture, ou encore du commerce et de l’artisanat.

A contrario, les pressions urbaines et agricoles sur ce périmètre s’accentuent avec des opérations d’aménagement nombreuses et le projet ILO (Irrigation du Littoral Ouest) permettant l’irrigation de terres historiquement non cultivées. Ces pressions anthropiques sur le milieu sont aujourd’hui visibles avec des conséquences sur la qualité paysagère des espaces (mitage des terres agricoles, urbanisation des zones de savane, difficulté à préserver les lisières urbaines…), sur la ressource en eau potable (conflits d’usage entre eau urbaine et eau agricole, difficulté à faire respecter le périmètre de protection des captages…) ou encore sur la qualité des eaux côtières (évènements de blanchiment corallien, surfréquentation du lagon, signaux d’alarme sur les stocks de poissons profonds…).

Face à ces constats, il est nécessaire de prendre du recul et de construire une lecture plus intégrée des dynamiques de ce territoire afin de se pencher sur les problèmes qui subsistent.

Quels objectifs attendus en termes d’impacts et d’actions ?

Deux types d’objectifs ont été fixés pour la GIML :

Des ambitions stratégiques pour des résultats tangibles et opérationnels à travers une matérialisation de la démarche sur le territoire dans les meilleurs délais, tout en s’insérant dans une logique de long terme.

La GIML doit ainsi aboutir à un plan d’actions intégrateur, avec des opérations, phares et visibles, et des financements effectifs à court terme. Ce plan d’actions doit aussi proposer des ambitions stratégiques pour le moyen et long termes dans une logique de gestion adaptative (pour s’ajuster aux changements climatiques, écologiques et sociétaux). La démarche devra aussi susciter des partenariats plus nombreux (intersectoriels et interservices), et proposer une interface dynamique entre science et gestion. Elle s’équipera d’outils d’animation pour associer et sensibiliser les citoyens (écouter leurs idées et points de vue, être transparent sur les décisions retenues).

Le processus de la démarche GIML : la concertation pour un diagnostic partagé.

La GIML doit faciliter l’écoute entre les acteurs et le recueil des idées des uns et des autres. Elle a aussi comme objectif une meilleure rencontre entre des données scientifiques et des données empiriques sur les différentes thématiques (les usages, la gestion et les écosystèmes). Elle doit s’appuyer sur un diagnostic partagé et intégré du fonctionnement du territoire (connaissances interdisciplinaires, enjeux transversaux, constats et priorités d’action). Enfin, elle doit susciter une prise de conscience collective et une responsabilisation de tous sur l’avenir du territoire.